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Aide au développement : 60 ans d’échecs du tiers-mondisme

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Depuis la décolonisation, l’aide au développement occidental est resté prisonnière des bons sentiments et d’une idéologie marquée par le tiers-mondisme et bâtie autour de deux piliers : l’éducation et la santé. Aux quatre coins du continent africain les mentalités changent cependant et de plus en plus de pays refusent les bons sentiments occidentaux et cherchent d’autres voies pour doper leur croissance.

Faut-il privilégier les programmes sociaux, notamment scolaires et de santé, pour faire émerger les économies africaines ? Ce présupposé occidental est en train d’être battu en brèche par une nouvelle génération de dirigeants africains qui font le choix des investissements en infrastructure par de grands chantiers afin de dynamiser leur croissance et laisser des structures pérennes.

Les Américains ne sont-ils pas sortis de la Grande Dépression grâce aux politiques successives de grands travaux menées par Herbert Hoover et Franklin Roosevelt ? Cette stratégie volontariste, utilisée par nombre de gouvernements en période de crise, est désormais reprise par de nombreux Etats africains.

Il faut dire que ces politiques d’infrastructure permettent non seulement de générer de nombreux emplois directs, mais ils en créent encore plus d’indirects et induits. De plus, ils posent les bases d’une nouvelle économie le long des axes routiers ainsi créés, dynamisant et désenclavant des régions entières.

De nombreux gouvernements africains font aujourd’hui un choix différent. Ils mettent en œuvre une stratégie volontariste d’émancipation, souvent avec l’appui de nouveaux partenaires – pas seulement la Chine, mais, aussi, l’Inde, la Turquie ou le Brésil. Des dizaines de pays à travers le continent, de l’Éthiopie à la Zambie en passant par le Mozambique ou l’Angola, privilégient cette option. Est-ce un hasard si ce sont les zones d’Afrique qui affichent les plus forts taux de croissance, frôlant parfois les 10 pour cent ? En même temps, d’autres Etats, tels que l’Afrique du Sud ou certains pays d’Afrique de l’Ouest, continuent à donner la priorité budgétaire aux programmes sociaux de soutien. La majorité d’entre eux ne génèrent que 2 à 4 points de croissance, soit à peine plus que leur taux de croissance démographique.

Et pourtant, les politiques de développement occidentales (et en premier françaises) privilégient encore et toujours les programmes sociaux, même si 60 ans de coopération ont démontré leur inefficacité et la gabegie financière qu’ils représentent. Santé et éducation : les deux piliers du temple de l’aide au développement devraient pourtant rappeler à tous l’exemple cubain. Dans ces deux modèles, le pays des frères Castro est un modèle du genre… ce qui n’empêche pas Cuba d’être une usine à chômeurs !

Pourquoi alors privilégier ces deux secteurs ? Tout simplement parce qu’ils sont plus porteurs auprès des opinions publiques occidentales et que les politiques y voient un moyen de soigner à bon compte leur popularité. En parlant de santé, ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la lutte contre le Sida mobilise beaucoup plus les pays du Nord que le paludisme pourtant autrement plus meurtrier.

 

1 Commentaire

  1. Il faut dire en réalité que la mission des États du Nord n’a jamais été d’ aider le Sud à se développer. En intervenant dans les domaines de souveraineté de l’État ( l’école, l’éducation, la sécurité etc ), l’Occident ne cherche qu’à contrôler la conscience des masses et à conditionner les esprits. Et les choix de politiques économiques keynésiennes qui ont permis de relancer les économies en Amérique et en Europe après la crise de 1929 n’ont jamais été testés en Afrique comme dans le reste de ce qu’ils avec une ironie à peine dissimulée le « Tiers monde ».

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