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Libération de du Toit et échange de prisonniers de Maputo (1)

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Une fois les modalités de l’accord d’échange de prisonniers actées, il fallait mettre en place le déroulement concret de cet événement. Et comme, « en Afrique les choses ne se passent jamais comme on a prévu qu’elles se passent », l’affaire failli échouer à plusieurs reprises.

Ils ont apporté une télé noir et blanc. Ils l’ont posée sur une chaise, à un mètre derrière les barreaux de ma cellule. Dans le JT, ils annonçaient que j’allais être libéré. Mais je n’étais pas sûr, alors j’ai appelé le garde. Il a jeté un œil à ma télé, il a vu la fin du reportage, et il m’a dit : « Oui ! tu va être libéré. Demain, avion ! ».

Mais il ne s’est rien passé. A 9h du matin, toujours rien. J’ai commencé à m’inquiéter. Puis un commandant cubain est arrivé. Il s’est approché, il s’est mis devant ma cellule, et il m’a dit : « Capitaine, le moment est venu. Vous rentrez chez vous. »

On est arrivé à l’aéroport, ils ont fermé la porte de l’avion. Jean-Yves m’a souri et il m’a dit : « Venez vous asseoir. »

Le récit de Wynand du Toit sur sa sortie de prison est émouvant. Mais il montre également toute la complexité de cette manœuvre diplomatique, qui impliquait de nombreux pays.

Le premier incident qui a perturbé la libération de du Toit est lié la méfiance des autorités angolaises.

Par crainte que l’avion que nous avions pris avec du Toit pour le ramener en Afrique du Sud soit intercepté, elles avaient décidé de changer sa trajectoire au dernier moment, sans que personne ne soit prévenu.

En s’apercevant sur leurs radars que l’avion n’allait pas dans la bonne direction, les Sud-Africains ont cru qu’ils s’étaient fait manipuler et ils ont bien failli annuler l’opération, laissant au sol la dizaine d’avions de prisonniers censés rejoindre leurs pays. « En attendant, aucun avion ne doit décoller », telle fût la consigne du général sud-africain Van Tonder, alors directeur des renseignements militaires.

Heureusement, tous les partis ont gardé leur calme et malgré un retard inquiétant, nous sommes biens arrivés sur le tarmac de l’aéroport de Maputo, au Mozambique, le 7 septembre 1987. Mais la partie était encore loin d’être gagnée…

 

 

 

 

 

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