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Jacques Chirac, à contre-courant

JYO

Depuis que l’ancien président a quitté l’Elysée, il est redevenu l’homme politique préféré des Français. Dans le chapitre 4 de Plot for peace, je me remémore notre première rencontre en 1984. Rien ne me prédestinait alors à m’engager pour le jeune loup gaulliste de la Mairie de Paris. Pourtant, c’est bien Jacques Chirac qui m’a délivré mon premier passeport pour une mission confidentielle…

Du fait de mon histoire familiale et des péripéties qui ont entouré mon retour d’Algérie, j’avais gardé de bonnes distances avec le monde politique depuis mon expérience londonienne. Toutefois, le résultat de l’élection présidentielle de 1981 aura fini par me convaincre de la nécessité de s’engager en politique…

Dans le contexte de l’époque, « mon hostilité à Mitterrand ne suffit [pourtant] pas à me donner une famille politique naturelle », en effet, « je ne suis pas un fervent chiraquien, encore moins gaulliste » ! Néanmoins, je rencontre Jacques Chirac d’abord à l’Hôtel de Ville, puis à Matignon…

« Pour moi, le casse-tête des otages est un point d’entrée idéal dans le système chiraquien », j’enrichi mon curriculum vitae de quelques lignes supplémentaires en tant que négociant en politique. Je collabore notamment avec les services américains du National Security Council, mais aussi avec le KGB et le MI6…

Mais c’est finalement en 1988 que j’apprends vraiment à découvrir Jacques Chirac, l’homme d’Etat. Dans l’entre-deux-tours de la campagne présidentielle, au cours d’une réunion avec entre autres, Charles Pasqua et Jacques Foccart, le Premier Ministre tranche : « Cela fait trois ans que nous essayons de libérer ces Français. Ce n’est quand même pas au moment où je tiens leur liberté entre mes mains que je vais y renoncer pour des raisons politiciennes ».

Au risque d’être accusé de réaliser une opération de relation publique, il décide de faire libérer les otages à Beyrouth trois jours avant le second tour. A l’occasion de la sortie de son livre Les Chirac, la journaliste Béatrice Gurrey, évoque également son caractère anti-conformiste que l’on retrouvera tout au long de sa carrière : du discours de Johannesburg, à sa position diplomatique en Irak, en passant par la reprise des essais nucléaire…

Pour ma part, on peut dire que « c’est Chirac qui m’a délivré mes diplômes, c’est lui qui m’a installé dans l’establishment en France ». Il m’introduit au sein du conseil d’administration de Charbonnages de France, où j’apprends rapidement « à faire bon usage de mon sens de l’Etat ».

En effet, dans les cercles fermés des conseils d’administration, je baigne un temps au milieu d’un vaste réseau de transactions occultes pour le financement des partis politiques, avant de démissionner. Quelques années plus tard, de nombreux scandales finirent par éclater au grand jour, dont l’affaire Elf… A ce moment-là, j’étais déjà loin de la Françafrique, comme si tout ceci appartenait au passé !

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